Croyants dans la Cité

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Chers amis,

j’ai plaisir en ce dimanche matin à venir remercier ceux qui ont œuvré au succès de cette veillée, et partager avec ceux qui ont participé par leur présence ou leur intention.

Nous étions plus d'une centaine, dont beaucoup de nos amis migrants : Ahlam, Adel et leurs deux enfants, qui ont longtemps logé à la Baume, Tessema et Tameneschi et leur bébé, jeune couple érythréen accueilli à Gardanne, Moamar journaliste libanais, ainsi que :
- Nisar et son frère Hasi, qui a témoigné de la douleur de tous ceux qui perdent qui un parent, qui un enfant, qui toute sa famille sous les bombes en Afghanistan,
- Ibrahima, guinéen, qui nous a appris que les passeurs libyens interdisaient aux candidats à la traversée d’aller sur les plages avant l ‘embarquement, car la vue des corps rejetés par la mer pourrait les dissuader,
- Maklet, érythréenne, qui n’a pas de nouvelles de ses parents et voudraient pouvoir sourire en apprenant qu’ils sont en vie.

Nous avons été accueillis par les Soeurs de Notre-Dame de la Seds qui nous ont donné champ libre pour aménager et décorer l’espace, ce qui a été réalisé par deux expertes en la matière, Colette et Marie-Annick.
Aram, kurde d’Irak, nous a joué sur le Tar une musique qui faisait résonner l’émotion de chaque témoignage.
Merci aussi à ceux qui ont offert le verre de l’amitié.

Tout ceci nous a permis de communier dans la mémoire de nos défunts et des personnes disparues dans les conflits et au cours des migrations.

Jean-Yves nous a donné rendez-vous pour une autre veillée au printemps, ce pourrait être autour de la paix, avis à ceux qui veulent constituer l’équipe de préparation.

Bien à vous, bon dimanche !

Michel Croc

Prière pour l'unité des chrétiens

Semaine unite 2017 v2

Café Biblique

le jeudi 11 janvier de 20 h à 21 h 30 au 56 cours Mirabeau ("café des oblats »)
 
reprise du Café  Biblique,  comme l'an dernier, pour les "anciens" du groupe. Je m'adresse bien sûr à vous, les "habitués", mais aussi à certains qui ont pu me signaler leur intérêt, même s'ils n'avaient pu fréquenter ce groupe précédemment : munis du programme, vous pourrez voir si les rencontres sont compatibles avec les agendas chargés que nous manipulons tous.  Le thème "De la violence... à la grâce" mérite à l'évidence de retenir notre intérêt à tous. La "formule" du café biblique ne devrait pas beaucoup changer cette année : un des intervenants présente en 1/2 heure environ les textes particulièrement retenus ce soir-là. Puis par petits groupes alors, pendant la 1/2 heure qui suit, les participants réfléchissent, guidés par quelques questions qui leur ont été posées par l'intervenant du jour ; enfin, la 3e demi-heure est consacrée aux remontées-questions-remarques de tous dans un débat généralement très riche. Pendant ce temps, nous pouvons boire un thé ou une tisane (voire un café) en grignotant quelques petits gâteaux - justificatif supplémentaire du terme "café biblique". Il est recommandé d'apporter une Bible.Ces rencontres oecuméniques pour l'instant réunissent à peu près autant de catholiques que de protestants mais nos frères orthodoxes sont peu nombreux ou absents... n'hésitez pas à solliciter tous ceux qui sont susceptibles d'être intéressés, quelle que soit leur confession chrétienne."

 

 

 

 

 

Dialogue OEcuménique
Après plusieurs années d’absence et avec l’entrée de Radio Dialogue dans le réseau RCF, l’émission oecuménique mensuelle de débat revient à l'antenne avec une nouvelle formule.
Premier rendez-vous
Unité des chrétiens : utopie ou réalité?
Mercredi 20 janvier-17h
rediffusion dimanche 24 janvier-10h
L'oecuménisme, un vieux ressort qui s'est usé avant d'avoir vraiment servi ? A l'occasion de la semaine de prière pour l'unité des chrétiens, du 18 au 25 janvier, qu'en est-il du mouvement d'unification des Eglises chrétiennes ?
Intervenants
Jean GUEIT, prêtre orthodoxe
Jean-Michel PASSENAL, prêtre catholique, en charge de l’oecuménisme-diocèse Marseille
Olivier RAOUL-DUVAL, pasteur de l’Eglise protestante unie, Parvis du protestantisme
Animation
Jean-Claude ESCAFFIT, journaliste
Direction des programmes
Frédéric Banegas

 

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L'ASSOCIATION CROYANTS DANS LA CITE PAYS D'AIX

 

 

 

                             Atelier : « Itinéraires Spirituels » novembre 2015-juin 2016

 


 
 Se retrouver pour découvrir ce qui a pu nous conduire à la spiritualité, à partir de 2 témoignages de 15 minutes chacun.
 Partager et échanger sur des parcours différents en vue de se situer sur son propre chemin.

 

La première rencontre aura lieu :  Mairie Annexe d’Aix Pont de l’Arc
Route des Milles - Salle des Mariages
Les Mardis de 19h précises à 20h30
15 décembre 2015
26 janvier 2016
29 mars 2016
31 mai 2016
Participation libre

                                   
Atelier Connaissance des religions décembre 2015-mai 2016



L’atelier se propose de faire connaître nos différentes religions par des exposés suivis d’un temps de discussion et de questions. Les premières séances seront consacrées à une religion en particulier. Nous aborderons plus tard des thèmes comparatistes mais dès le départ la comparaison sera présente au cours de la discussion.
Dans la mesure du possible, les participants s’engageront à suivre l’ensemble des séances car l’objectif de cet atelier est avant tout une meilleure compréhension de l’autre.

Année 2015-2016
Les séances concerneront la naissance et le développement des trois monothéismes ainsi que la manière dont les croyants des trois religions vivent leur foi et leur pratique. Une séance finale, à trois voix, conclura ce premier cycle de séances en dégageant les traits communs et distinctifs des trois monothéismes.
Programme
Les séances se tiendront le jeudi de 19h à 20h30
3 décembre, Mairie annexe du Pont de l’Arc, salle des mariages.
Grand Rabbin Daniel Dahan : le judaïsme.
7 janvier Marie-Christine Hazaël-Massieux : le christianisme des origines au Moyen Âge ; ses fondements ; comment s’élaborent les grandes lignes de la vie chrétienne.
28 janvier Marie-Christine Hazaël-Massieux : le christianisme de l’époque moderne à nos jours ; rapports à l’Ecriture et à la tradition, l’Eglise et le monde moderne, foi et morale, foi et raison, oecuménisme et rencontre des religions.
3 mars Denis Gril : l’islam, fondation et invariants.
17 mars Denis Gril : l’islam et ses diverses tendances.
19 mai: les monotheismes ,entre similitudes et differences

Croyants dans la cité est une asociation loi 1901 qui a pour objet d' oeuvrer au dialogue et à une meilleure connaissance réciproque entre croyants, quelle que soit leur religion ou leur spiritualité, par la rencontre, les échanges et la convivialité ; témoigner que les religions, et ce qu’elles véhiculent comme valeurs humaines, culturelles et spirituelles, participent pleinement de la vie de la cité, dans le respect de la laïcité ; faire en sorte que les différences entre religions soient un enrichissement pour tous dans la reconnaissance de ce qu’elles ont en commun et le respect de ce qui les distingue.

 

 ASSOCIATION CROYANTS DANS LA CITE

DU PAYS D'AIX

 

 

ASSEMBLE CONSTITUANTE

 9 FEVRIER 2015

 

 SALLE LES AMANDIERS

  8,allée des amandiers Jas de Bouffan Aix-en-Provence

 

 

Nous avons commencé cette réunion à 19h30 après avoir collecté les différentes adhésions des personnes invitées. Nous avions fixé à 10 euros le montant de l'adhésion. Au total nous avons collecté 49 adhésions.

 

Alain Pradeau a fait une présentation générale de cette soirée :

La réunion se déroulera donc en 3 parties :

  1. Une partie administrative : constitution de l’association
  2. Une partie échanges et connaissance
  3. Une partie propositions pour l’année à venir

 

.

                                          1     Constitution de l’association.                                  

 

 

Les statuts ayant été envoyés avec les mails d'invitation à cette rencontre du 9 février 2015 nous procédons donc maintenant au vote des statuts.

 

Sur 49 personnes adhérentes à Croyants dans la Cité :

47 oui et 2 abstentions. Les statuts sont donc adoptés à l'unanimité.

 

Ensuite, nous avons procédé à l'élection du conseil d'administration constitué essentiellement par des membres fondateurs et pour un maximum de 15 personnes dont :

            2 personnes représentant le culte israélite

            3 personnes représentant le culte musulman

            5 personnes représentant le culte chrétien dont 2 catholiques, 2 protestants et une personne  catholique orthodoxe.

Il reste encore 5 places disponibles et nous demandons si dans la salle des personnes sont donc intéressées pour rejoindre le Conseil d'Administration.

 pour l'instant nous ne procédons qu'au vote global des membres fondateurs qui sont :

Alain Pradeau, Jean-Yves Constantin, Mourad Hamza, Denis Gril, Christian Badet, Denise Terrier et Muriel Werner.

Ces personnes étant élues pour un mandat de trois ans avec 45 oui et 2 abstentions.

 

 

                                              2  Echange autour de la foi                                            1 heure

 

 Tout d'abord quatre représentants de culte différents évoqueront : qu’est-ce que croire pour moi ?qui est le thème de notre soirée Jean Yves Constantin, Christian Badet, Denis Gril et Michel Jigen Fabra  Ensuite les participants seront invités à se mettre en petits groupes pour échanger sur ce thème croire pour moi c'est....... et nous ferons une mise en commun des points relevés par chaque groupe.

 

Jean Yves Constantin se présente comme prêtre catholique au travail, il habite et travaille à Berre l'Etang. Pour lui qu'est-ce que croire ? C'est chercher à dire merci à Dieu au moins douze fois par jour. Pour Jean Yves il estime que travailler dans l'agriculture, dans le compagnonnage et avec les migrants c'est une chance. Il cherche des lieux sources au niveau syndical pour honorer les droits et la dignité de chacun et ensemble ils cherchent et trouvent les mots et les gestes car Dieu est miséricordieux.

Il cite ensuite la lettre de Paul «  je pourrais avoir toutes les qualités mais si je manque d'amour je ne serai rien » Il dit chercher à se mettre dans les pas de Jésus tous les jours même s'il faut porter l'inhumanité.

Lorsque j'arrive à aimer cet autre en actes et en vérité, il m'est donné alors d'être témoin de la Lumière qui les habite »

 

Christian Badet pasteur protestant nous dit que pour lui croire et savoir sont différents. Dans la vie on peut croire en quelque chose, le soleil va se lever tous les jours par ex. Il y a un croire au quotidien différent du savoir.

Pour les Protestants il n'y a pas de dogme on ne croit pas « que » mais la différence introduite par le protestantisme c'est qu'il n'y a pas le même contenu qui s'est bâti ensuite en dogme comme pour le catholicisme.

Croire « en » et non plus croire « que », la foi s'appui sur une personne. Il y a déplacement de la foi qui a introduit une relation personnelle et directe sur le divin en Jésus. Je peux nouer une relation avec Dieu avec confiance qui suppose une variation au cours de l'existence.

Il y a une confiance que Dieu met en moi c'est à dire les ressources et capacités qu'Il me donne. Dieu croit en l'homme et après l'homme croit en Dieu c'est une confiance toujours partagée.

C'est tout le chemin de l'existence avec une fidélité à un passé, une histoire, une parole. Mais c'est Dieu en premier lieu qui est toujours fidèle. Le présent aujourd'hui c'est la fidélité. L'avenir c'est une confiance/espérance. J'espère en Dieu qu'Il sera toujours là pour m'aider.

Cette foi, ce croire en Dieu conduit à l'engagement c'est parce que je suis fidèle dans mon passé que je m'engage auprès des autres.

Croire ce serait anticiper sur une réalité absente pour l'instant.

Denis Gril Professeur émérite à l’Université d’Aix-Marseille spécialité islamologie, soufisme.

C'est difficile de définir la foi « une lumière que Dieu projette en nous ». Il y a une confiance/fidélité. Croire c'est ne pas être certain, il y a une recherche qui se réalise.

« adore ton Seigneur jusqu'à ce que tu arrives à une certitude »

On peut perdre aussi la foi ! Nous sommes donc entre deux certitudes : une certitude antérieure et une certitude postérieure.

La certitude antérieure : dans le Coran sourate 7 verset 172 .Et quand ton Seigneur tira une descendance des reins des fils d'Adam et les fit témoigner sur eux-mêmes: "Ne suis-Je pas votre Seigneur"? Ils répondirent mais si.  C'est une connaissance que chacun a en lui-même et ensuite c'est une reconnaissance qui nous fait souvenir de cette connaissance.

Il y a donc deux sens à cette reconnaissance : reconnaître un bienfait et faire un témoignage à travers la chahada (reconnaître qu'il n'y a qu'un seul Dieu et que Mohamed est son envoyé). Donc Croire touche au Prophète Mohamed pour un musulman. Cet amour est la manifestation que tout musulman réalise dans sa foi.

Le rapport entre foi et œuvres c'est une question théologique : illumination ou obscurité.

Dans la foi musulmane et la tradition du prophète Mohamed celui-ci intercédera pour tous les hommes le jour du Jugement dernier, même pour ceux qui auront un poids infime de foi et ils sortiront de l'enfer.

Croire c'est faire confiance à Dieu, à son Messager, c'est une présomption de Miséricorde «  je suis comme mon serviteur pense que je suis » comme ce qu'à évoqué Christian Badet c'est un effet de miroir je crois en Dieu et Dieu croit en moi « le croyant est le miroir du croyant » c'est un face à face.

 

Michel Jigen Fabra, Moine bouddhiste.

Il est moine depuis vingt ans et cela fait tout juste quinze jours qu'il habite Aix pour diriger le dojo zen.

Pour lui croire c'est cesser de croire que le problème c'est les autres, à cause des autres. Le problème c'est chacun de nous. L'avidité, la colère et l'ignorance sont les trois poisons de la vie. En ne leur accordant plus aucune importance on a une action sur le monde. Sinon nous sommes tous victimes. Ce que l'on retiendra pour nous aujourd'hui, c'est que le langage commun à tous est celui du cœur.

 

Nous avons ensuite été invités à faire des groupes de 8 à 10 personnes pour échanger ensemble sur nos façons de croire.

 

Mise en commun des points relevés :

 

Chaque groupe a dit le contenu des échanges :

 

 Croire c'est une relation horizontale entre les humains qui sont tous frères et de même valeur qu'ils soient croyants ou non et c'est aussi une relation verticale personnelle avec Dieu.

 

Une partie de Dieu est dans notre cœur et l'incroyant recherche quelque chose à la place de Dieu par absence et étouffement. Il ne faut jamais désespérer sur cette ouverture du cœur.

C'est renouer avec soi-même.

« Unifie mon cœur pour qu'il craigne Ton nom » crainte révérencieuse, craindre de faire de la peine à Dieu.

 

Dans croire il y a aussi une partie de doute, dans la foi c'est un cheminement dans la croyance.

 

Question du public : est-ce qu'un non croyant peut être adhérent ? Oui, ne pas croire c'est croire, c'est une forme de croyance. L'association est née dans le cadre d'un dialogue inter-religieux, pourquoi se priver des humanistes, chacun a un contenu derrière les mots nous dit Jean Yves.

 

 

                                           3    Propositions pour l’année à venir                            

Des idées sont lancées :

  • 4 conférences à plusieurs voix : mars – mai – septembre – décembre

La 1ère conférence est fixée au mercredi 25 mars à 19h30 avec pour thème La Prière.

D’autres thèmes ont été avancés :   La foi est-elle transmissible ?    

                                                         Le croyant et l’autre – ouverture/exclusion

                                                                     La révélation

                                                                     Qu’est-ce que la perfection humaine ?

  • Un cycle de rencontres régulières – genre ateliers – pour mieux connaître les différentes religions
  • Un atelier : méditation des textes sacrés
  • Un atelier sur la spiritualité : les expériences spirituelles selon les différentes religions
  • Visites des différents lieux de cultes.
  • La médecine et les religions rapport à la maladie et à la mort.
  • Les fondements du monothéisme
  • travail de collaboration avec les autres associations. Jean Yves est chargé sur le Diocèse d'Aix/Arles du dialogue inter-religieux avec les musulmans. Se connaître sera déjà une premier pas et un premier fondement important.
  • Une association avec Mr Sachet existe depuis 20 ans sur Avignon.
  •  Il existe aussi l'association « coexister »

Nous proposons qu'un groupe se forme avec une personne du CA et qu'un travail se fasse en suivant un calendrier.

 

La réunion s'est terminée à 22h autour d'un buffet très bien achalandé par les participants.

 

 

Fait à Aix-en-Provence, le 25 février 2015.

 

Muriel Werner, Secrétaire de l'association.

Pessah...et au delà...

Le sang de l’agneau répandu sur les linteaux des maisons a nécessairement représenté un courageux défi, dans un environnement où le bélier était une déité. Il valait donc mieux ne pas trop s’attarder, d’où la prescription de se tenir prêt à partir, sans prendre le temps de faire lever les pains. Ne pourrait-on voir, là encore, un « saut » ? En effet, le pain levé est fabriqué à partir d’un pâton déjà pétri. Avec la matsa, mélange azyme de farine et d’eau mis à cuire dès qu’ils sont mélangés, c’est un pain neuf qu’emportent les Hébreux. Une transition entre le pain de boulanger et la manne, reçue dans le désert, qui ne devra rien au savoir-faire humain. Comme le changement de nourriture dont elle reste l’emblème, la matsa – rituellement accompagnée des herbes amères – est l’occasion, chaque année, d’expérimenter une autre manière de « goûter » le monde. Et notamment en re-créant les liens familiaux et sociaux autour de la table du Seder.

Lorsqu’aujourd’hui nous célébrons Pessah, l’agneau n’y est plus consommé – les sacrifices ayant cessé avec la destruction du Temple. Symboliquement cependant, il est présent, rappelé par un os (d’agneau) grillé sur le plateau du Seder, et par un morceau de matsa – l’aphikoman – que l’on prend après le repas comme au temps du Temple. Mais c’était alors réellement un morceau d’agneau que l’on mangeait, pour garder le plus longtemps possible le goût du « pessah ». Désormais, l’aphikoman tient lieu de dessert.

Quelle est la place de Pessah dans l’ensemble des fêtes juives ? Première des fêtes de pèlerinage, elle n’en est pas moins en résonance avec d’autres solennités.

Elle succède à Pourim, autre célébration d’une délivrance. Si l’intervention divine est cachée à Pourim et manifeste à Pessah, il y a dans les deux fêtes une relation à la violence. La démarche d’Esther, comme les préparatifs exigés des Hébreux pour se libérer, nous montrent que la violence des hommes n’est pas une incitation à simplement s’en remettre à Dieu pour la détourner ou y échapper, mais à s’impliquer : le jeûne auquel Esther a convié son peuple en Perse, la circoncision des hommes et l’abattage des agneaux auxquels se sont soumis les Hébreux pour sortir de l’esclavage sont des actes qui authentifient le miracle qui les a sauvés.

Avec Rosh Hashana, le point commun de Pessah est d’être une date de naissance : celle d’Adam pour la première, celle d’Israël en tant que peuple pour la seconde. Chaque Rosh Hashana est l’occasion de renouveler l’humain en soi ; chaque Pessah, de se re-penser en tant que sujet d’une histoire collective. Quant à la recherche et l’éradication du hametz, ce levain symbole de la fermentation qui aigrit ou qui boursoufle, n’a-t-elle pas quelque chose à voir avec la purification de soi, préalable à la journée de Kippour !

Pessah sans Shavouot aurait-elle pleinement son sens ? La liberté, oui, mais comment et pourquoi ? Une fois libres, les Hébreux devront se situer dans une société où il n’y aura plus d’oppresseurs ni d’opprimés, pour vivre des relations désormais basées sur l’éthique. La Tora, donnée dans le désert cinquante jours après la libération, instituera ce projet de vie collective.

Quant à Souccot, dont les fragiles cabanes rappellent la protection divine qui a entouré Israël durant tout l’Exode, le lien avec Pessah est dans cette précarité-même, où la foi des hommes et l’amour de Dieu ont initié un chemin de salut. Ce n’est pas un hasard si Pessah, Shavouot et Souccot sont les trois temps du pèlerinage au Temple de Jérusalem.

Dernier lien, réaffirmé chaque semaine au moment du Kiddoush : Pessah est en correspondance étroite avec le Shabbat : le passage de la servitude au Service divin, l’abandon de toute recherche d’efficacité pour être disponible à l’autre et au Tout-Autre – nous sont offerts chaque septième jour de la semaine.

Ainsi Pessah, fête d’un exil, d’une délivrance et d’un retour qui sont le chemin de toute vie, est comme un miroir des autres fêtes, un reflet de leurs éclats de lumière !

Je souhaite à mes amis juifs un Pessah fervent et joyeux. Et que Pâques le soit tout autant pour mes amis chrétiens.

Anne-Marie Dreyfus , AJC Draguignan, avril 2014

Glossaire

  • Aphikoman : « dessert » (en grec). Morceau de matsa pour la fin du repas de Pessah
  • Hagadah : « récit » rituel de la soirée pascale
  • Hametz : levain et produits fermentés interdits de consommation les huit jours de Pessah
  • Kiddoush : « sanctification » du Nom, sous la forme d’une bénédiction prononcée sur une coupe de vin le Shabbat et les jours de fête.
  • Matsa : « pain azyme »
  • Seder : « ordonnancement » de la soirée pascale en 14 étapes.