Eloge de la fraternité Mathieu Ricard

La fraternité, selon Jacques Attali, est aujourd'hui la force principale qui entraîne l'avant-garde du monde. Elle est un refus de la solitude, elle valorise la relation à l'autre, invite au mélange, apprend à connaître l'autre, à donner et à accueillir Elle nous montre aussi que, au sein d'un monde interdépendant, chacun a besoin que l'autre réussisse. En revanche, quand chacun ne s'intéresse qu'à son propre sort, presque tout le monde finit par y perdre.

La fraternité, poursuit Attali, est encore dans le plaisir de transmettre, lorsque aucun intérêt personnel n'est en cause. Lorsque des gens trouvent plaisir à meubler la solitude de l'autre, à montrer de la compassion pour la souffrance de l'autre, à donner sans espoir de retour, à adopter des enfants pour le simple plaisir de les voir heureux, à s'occuper de personnes handicapées ou de faibles pour avoir une occasion de se conduire en être humains, sans attendre ni considération ni récompense.

Elle se manifeste alors dans le prodigieux essor des actions caritatives, dans la prolifération d'organisation non gouvernementales pour aider, nourrir, sauver, soigner, réparer, dans la mobilisation qui suit toutes les catastrophes naturelles, dans la volonté croissante de payer de sa personne et dans la mondialisation lorsque celle-ci entraîne, non pas une exploitation économique des pays pauvres par les multinationales, mais par un partage des connaissances, de la technologie, des richesses culturelles et artistiques.

Bien que la plupart des révolutionnaires des XIXe et XXe siècles l'aient considérée comme un concept flou, naïf, tout juste bon pour les chrétiens, les francs-maçons ou les imbéciles, la fraternité survit : elle est aussi là dans les goulags de toutes les Russie, dans les camps de toutes les Allemagne, quand elle devient condition de survie. Elle est encore là en Inde quand le Mahatma Gandhi en fait l'arme de la dignité. ... Elle est enfin là chaque fois que quelqu'un a le courage véritablement révolutionnaire d'énoncer simplement que chacun a intérêt au bonheur de l'autre. Elle s'annonce même quand on la nomme autrement : altruisme ou responsabilité, compassion ou générosité, amour ou tolérance.

En une phrase, comme nous avertissait Martin Luther King :
"Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots".

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