Gardiens de la Joie

 

 

La Joie ? Quelle joie ? Est-ce vraiment une bonne idée que de venir nous entretenir de joie en ce moment...
Oui, c ‘est la rentrée, nous sommes heureux de reprendre notre tenue de service, heureux de retrouver nos équipes, les visages de ceux qui nous attendent, heureux aussi des nouvelles rencontres à venir.
De là à parler de joie, avec tout ce qui nous arrive...
... ce monde qui perd la tête, qui trie les gens à jeter à la mer et ceux que l ‘on pourra recevoir, ce monde qui hurle sous les machettes et les kalachnikovs de terroristes fanatiques, qui pleure dans les ruines d ‘Alep ou de Kobané... Et toutes les images que nous avons dans la tête, sans compter les souffrances et les misères « ordinaires », les nôtres comme celles des autres, que nous côtoyons chaque jour .... Le monde a mal et nous aussi, les bras nous tombent et la tentation sourde de nous retirer, de nous boucher les oreilles, comme si on pouvait fermer la porte, pleurer, et tenter de vivre en grignotant un peu au chaud des petits morceaux de bonheur, ceux que l’on se fabrique ou ceux qui nous arrivent, cadeau de la vie, quand même. Alors dans tout cela, la joie...
Et pourtant... au milieu de ce fatras des malheurs du monde, nous connaissons tous, plus ou moins proches de nous, des êtres rayonnants de joie, des êtres habités par la joie, et dont la joie éclaire ceux qui les rencontrent. C ‘est la joie éclatante d ‘une soeur Emmanuelle, vibrante d ‘un Abbé Pierre, profonde d ‘un Jean Vanier, lumineuse d ‘un Jean Rodhain, communicative du pape François ; la joie de tant d‘autres aussi , connus ou inconnus que nous croisons dans nos existences. Et nous ne sommes pas sans en connaître la source : c ‘est la joie que nous propose à livre ouvert la Bonne Nouvelle, la Joyeuse Nouvelle de Jésus-Christ. Scrutant cette joie, nous découvrons l’invitation à laquelle ont su répondre ceux qui en vivent : « demeurez en mon amour », assortie de cette injonction de « nous aimer les uns les autres ». La clé nous est alors donnée : « je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite » (Jn15,11).
Dépositaires nous aussi de cette bonne nouvelle que nous avons à à cultiver sans cesse, ne sommes-nous pas les gardiens de cette joie-là ? Ne sommes nous pas ceux qui, la recueillant, ont à veiller à ce qu’elle ne meurt pas, mais se donne et se propage.
Ainsi, dans le tumulte de ce qui nous arrive, il y a bien urgence, et c ‘est même un devoir, à être, là où nous vivons, les gardiens de cette joie. Comme un travail, comme un effort, gardons, entretenons la joie, elle est le moteur de l ‘espérance que l ‘on vient chercher « chez nous ». Habitons nos missions de cette joie-là, déposons au creux de chacune de nos rencontres des éclats de joie. Le monde en sera moins sombre.
Hélène Mayer
Et si nous parions cette année sur cette recette, pour que petit à petit le Royaume grandisse ?

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