Une sainte en construction

C’est la fin de l’année. Je pose une dernière question aux enfants du catéchisme : « Que rêvez-vous d’être plus tard ? » Les réponses fusent : six pompiers, cinq journalistes, un Casque bleu, sept institutrices. Mais à la fin, la petite Camille s’approche : « Je n’ai pas dit la vérité tout à l’heure. Moi, plus tard, je veux être sainte. »
« Magnifique ! Et comment devient-on sainte selon toi ? » Je la vois réfléchir et elle se lance : « Je crois que c’est Dieu plutôt qui fera de moi une sainte. C’est comme quand quelqu’un nous aime, ça nous rend plus beaux. Être une sainte, je pense que c’est être belle pour Jésus. »
Peut-être souriez-vous en imaginant une petite fille coquette… mais elle continue avec simplicité : « Être belle, c’est aimer et faire le bien dans les petites choses chaque jour. Quand je prie, j’aime aussi dire à Jésus les noms de tous ceux que j’aime pour qu’Il les rende beaux et saints. »
L’aumônier que je suis écrase une petite larme en se disant que Dieu fait des merveilles dans le cœur des enfants mais mon cœur, lui, est en pleine interrogation : et moi ? Est-ce que j’ai envie d’être un saint ? Suis-je convaincu qu’être saint, c’est rester dans la joie malgré les épreuves ?
Et voilà que la « petite sainte en construction » me désarme avec un grand sourire : « Je n’ai pas dit que c’était facile ! Mais je crois que Jésus est toujours là, même quand c’est dur. »
Là où il y a Jésus, il y a toujours la croix. Mais là où il y a la croix, il y a toujours Jésus.
 
                                                                                        Frère Nicolas Burle (Carême dans la ville )
 
 

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