Editorial d'Hélène Mayer ,présidente SC

« Comme un air de printemps... »

 

Vous les avez vus depuis la mi-février ces amandiers tout en fleurs qui éclaboussent nos campagnes encore grises de l’hiver ? Ils sont comme une illustration de ce que nous vivons, dans l‘actualité qui est la nôtre, au S.C. et en Eglise :
 Nous fêtons les 70 printemps du Secours Catholique,
 Nous fêtons aussi le printemps du coeur invité à s’habiller de miséri corde en cette année sainte voulue par le pape François,
 Tout cela lié naturellement à la vitalité qui parcourt le projet de délégation 2016-2020.
Lorsque les circonstances convergent ainsi, il ne faut pas se priver de les cultiver ensemble !
70ème anniversaire... on pourrait dire que les articulations commencent à rouiller un peu, c‘est tout le contraire ! le S.C. est devenu en 70 ans d ‘existence un arbre vigoureux, jeune par sa pédagogie, et reconnu pour sa fécondité. En 1976 (30ème anniversaire), Jean Rodhain parlait du Secours Catholique répandu déjà aux 4 coins du monde comme une «floraison d actions charitables extraordinairement répandue». «Floraison variée» écrivait-il, car elle s‘adapte aux per-sonnes, aux climats, «floraison mystérieuse» aussi, car faite de tous ces gestes de fraternité ignorés, non répertoriés ni quantifiés, « floraison qui a ses ombres» également, quand il y a carence de bénévoles et case vide. Reste qu‘il nous revient de faire de ce 70ème anniversaire une floraison d ‘espérance.
Les Marches Fraternelles qui se préparent sur tout le diocèse et partout en France sont cette occasion de faire éclore cet esprit de famille, de marcher les uns avec les autres... «pas à pas mais pas sans toi» … au service les uns des autres…
«Miséricorde» c‘est un printemps du coeur. Le coeur qui retrouve la joie d‘être aimé et pardonné, celui qui éprouve la joie de donner et d ‘aimer. Car serions-nous là, bénévoles et engagés au Secours Catholique si nous n‘y trouvions pas le bonheur de faire oeuvre de fraternité, de miséricorde. C‘est bien de cela dont il s ‘agit au Secours Catholique, depuis 70 ans. C‘est à ce service que nous sommes attendus…
Et l‘amandier en fleurs direz-vous ? Symbole de l‘éveil et de la vigilance (en hébreu amandier= arbre qui veille) car il est le 1er à fleurir quand la nature est encore aux prises avec le froid, il est pour nous le signe de la veille et de la vigilance auxquelles nous sommes tenus « dans les hivers du monde » comme le dit un chant d‘Eglise connu. Mais il y a bien plus encore : alors que le prophète Jérémie se voit confier sa mission, le Seigneur l‘interpelle en ces termes :
- « Que vois-tu Jérémie ? »
- « Ce que je vois, c‘est un rameau d‘amandier.» répond le prophète
- « Tu as bien vu, je veille à l‘accomplissement de ma Parole.»( Jr1,11) assure le Seigneur.
Car c‘est lui le veilleur ! Pas besoin d'avoir peur, nous ne sommes pas seuls à la tâche, nous sommes les petites mains de Celui qui nous devance et c ‘est à travers nous que s ‘accomplit sa parole «donner à manger aux affamés, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, accueillir les étrangers, assister les malades, visiter les prisonniers, ensevelir les morts». (Mt,,25).
Belle promesse de floraison, grande responsabilité aussi, qui est celle de tout chrétien (voire le devoir de tout homme) mais où nous, les acteurs du SC, sommes particulièrement attendus car reconnus pour un certain savoir-faire. Rappro-chons-nous de nos paroisses, de nos lieux d'engagement pour prendre part et dynamiser « les oeuvres de miséricorde ».
Le projet de délégation à mettre en oeuvre pour les années 2016 à 2020. Dans ce contexte, il n'est pas besoin d'en dire davantage : il participe bien du même mouvement, de la même dynamique: n'a t’il pas la vitalité de l'amandier ? La vigi-lance au monde, aux personnes et à soi-même qui le parcourt a bien quelque chose à voir avec « l'arbre qui veille ».
C'est cet air de printemps qui passe et qui circule que nous devons honorer. Qu'il nous décoiffe et nous anime pour faire vibrer la belle musique de la Charité, dans nos équipes, dans nos services, aux quatre coins de la délégation.
Hélène Mayer, Présidente